Mano à Mano

 

Installation monumentale in-situ pour les 20 ans de Sculpture en l’ile.

La métamorphose de la Maison Mousel à Andresy.

Après un premier opus réalisé dans la vallée de Vals d’Escreins, dans le Vars, en France, parmi les ruines d’un village brûlé par l’homme, à 2000 mètres de hauteur, Pedro Marzorati nous convie à explorer un lieu nouveau : la maison Mousel à Andresy pour les 20 ans du Festival Sculpture en l’Ile.

Ses installations gigantesques sont entièrement construites à base de tronc d’arbres sculptées in situ, comme pour mieux suggérer la relation intime et compliqué que l’homme entretient avec la forêt et la nature.

« L’Homme a la capacité de modifier le monde qui l’entoure par ses actions, et sa main, celle qui manie les outils, peut tour à tour être créatrice ou destructrice, selon les choix qu’il fait et les décisions qu’il prend. Ma nouvelle série Mano à Mano met en scène celui qui s’acharne à façonner ce destin commun. »

Au Mousel, son travail monumental présentant deux mains, celles d’un homme et d’une femme, cherchant à se rejoindre et à s’entrelacer. Si l’une sort de la pierre, symbole d’une évolution urbaine, la seconde émerge de la terre, symbole de la nature, et toutes deux dirigées l’une vers l’autre, tentent de se retrouver, peut-être pour nous suggérer qu’une réconciliation est possible, et que l’urbanisme moderne doit chercher à s’entrelacer, à s’intégrer dans la nature, sans la détruire ou en épuiser les ressources.

A propos de « Mano à Mano » sculpture monumentale de Pedro Marzorati

Texte ecrit par Pierre Bongiovanni

Des grottes de Lascaux à Facebook (le pouce du « like ») en passant par la Chapelle Sixtine (La création d’Adam par Michel-Ange) et Daesh (le doigt du Tawhid, pour prendre Dieu à témoin), la main est constamment présente et représentée : elle seule semble avoir le pouvoir de résumer et de condenser les aventures, diaboliques ou sublimes, de l’homme, perdu dans son errance perpétuelle dans le cosmos, comme dans son irrépressible quête de sens.

 

André Leroi-Gorhan (grand ethnologue, archéologue et historien français, spécialiste de la Préhistoire) montre que la main, « apanage de l’homo faber, instrument du cerveau le mieux organisé de toute la série zoologique, libre de ses contraintes pédestres, est le symbole de l’évolution de l’homme […] la technicité, la pensée, la locomotion et la main apparaissent comme liées dans un seul phénomène auquel l’homme donne sa signification mais auquel aucun membre du monde animal n’est complètement étranger ». (extrait de Libération de la main paru en 1956 dans le numéro 32 de la revue « Problèmes »).

Ainsi, lorsque Pedro Marzorati se saisit de la main comme symbole universel et intemporel c’est pour mieux « nous saisir », non dans une volonté d’appropriation ou d’assujettissement mais pour nous rappeller à nos devoirs d’humilité et de partage.

Rien de ce qui fonde notre humanité se saurait finalement s’affranchir de cette nécessité de la discrétion et du partage, c’est à dire de la fraternité et du don. Car « En ce siècle où l’homme s’acharne à détruire d’innombrables formes vivantes, après tant de sociétés dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial le plus clair de son patrimoine, jamais, sans doute, il n’a été plus nécessaire de dire, comme font les mythes, qu’un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour propre ; et que même un séjour de deux ou trois millions d’années sur cette terre, puisque de toute façon il connaîtra un terme, ne saurait servir d’excuse à une espèce quelconque, fût-ce la nôtre, pour se l’approprier comme une chose et s’y conduire sans pudeur et discrétion » (Claude levi-Strauss, Lignerolles, septembre 1967).

Artiste invité cette année de la manifestation « sculptures en l’Ile », Pedro Marzorati transfigure le bâtiment du Moussel en proposant ces deux mains réunies au moment d’une explosion, à la fois intime et publique.
Explosion tellurique qui rend compte de la désintégration des certitudes, de l’obsolescence de nos connaissances, de l’incertitude de l’avenir.

Mais, comme toujours chez Pedro Marzorati, ce sombre constat s’accompagne d’un message d’humanité et d’espoir : seule notre capacité à tendre la main comme à saisir celle qui nous est tendue nous permettra de surmonter nos tourments et de côtoyer l’abime sans y sombrer.

Pierre Bongiovanni

 

Dimensions diverses: Le parc et le bâtiment.

Matériaux : bois. Environs 15 tonnes de bois on été nécessaires pour la construction de cette installation.

News press. Quand les Nations Unies parlent de Mano à Mano.

Remerciements à:

A Pierre Bongiovanni / Maison Laurentine, curateur de Sculpture en l’Île,

L’artiste colombien Sebastian Cifuentes, grâce à qui j’ai pu réaliser Mano à Mano.

A l’ensemble des Équipes de la Mairie d’Andresy et toutes les personnes qui sont venues me donner main forte pour la réalisation de cette œuvre.

 

 

Mano-à-Mano-by-Pedro-Marzorati

FacebookTwitterPartager